Miguel Egaña, Feuilles/Scies, 2001. >
ZOOM Le premier et le seul conseil qu'on puisse donner serait le suivant : se désangoisser en se délivrant du fantasme de l'innovation à tout prix, ce qu'un éminent critique baptisa jadis la "tradition du nouveau".
L'idée que l'artiste créerait à partir de rien est une notion très récente qui, après avoir joué son rôle en libérant les artistes, n'est plus désormais qu'un piège (l'angoisse de la page blanche).
Tout le monde est engagé dans un processus d'appropriation, de souvenir, de répétition. La mémoire, la réminiscence, la citation, la copie, l'apprentissage, l'imitation, etc., tel est le lot commun de tous les "créateurs" y compris les plus innovants et les plus singuliers.
En résumé, il faut éviter ce que j'appellerai "l'académisme du présent" en allant chercher toutes sortes de "sources d'inspiration" dans la mémoire universelle, autrement dit la Culture. C'est ainsi que tous les créateurs ont toujours procédé.